Dimanche 20 mars 2011
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La Hogra tue, plus que l’immolation.
Je ne pensais jamais voir une image aussi terrifiante que celle qui vient de passer sur les antennes de France 24. (Le Samedi, 19/ Mars 2011). Le passage de ce
témoignage coïncidait avec une date historique celle de 1962. On sentait la manipulation, mais là n’est pas le problème. Une image qui vous glace. Une image,
ou l’imagination avec tous ses attributs et liberté ne pourrait produire. Une image, hideuse, lâche, mesquine, qui vous frappe de plein fouet...en plein dans la gueule.
Je n’ai jamais pensé que notre pays arrivera à produire des situations pareilles. Horrible... Horrible.
Un jeune ; de 26 ans abandonné à son sort. Etendue sur un lit de fortune, entouré de sa femme et de sa petite famille, son père et sa mère… Ils pleurent dans une douleur indescriptible la
perte de leur petite fille. Immolée elle aussi. Elle était en compagnie de son père (le jeune de 26ans). Douloureuse situation. Les larmes coulent. Toutes
seules, tracent des sillons sur un visage blafard, couleur citron. La douleur laisse des traces, des empreintes visibles et ce qu’on ne voit pas. ; Un corps meurtri, sans espoir de vivre …
Une marque indélébile dans un destin de tourmente…. De ces yeux d’un homme profondément touché dans sa dignité et dans son âme. De ces yeux qui brillent, de ces yeux accusateurs… Il ne pourrait y
avoir de réparations.
- « Hagrouni, hagrouni, hagrouni… »
Un crescendo de mots, lisibles, provocantes, aliénantes telles les aiguilles d’une vielle horloge. Une manifestation de douleur de méprise et de
« Hogra », prend sa source aux entrailles, au fond de son être, humilié, bafoué, écrasé.Méprisé et victime d’une « Hogra » institué en
système… Il a du sentir les caresses de la mort beaucoup plus salutaire. Un homme pleure certes, mais pas pour des gabegies. « Hagrouni,
Hagrouni » des mots qui n’ont certainement pas d’équivalent en français. Des idiotismes propres à cette société Algérienne. ; Qui dépassent dans leurs signifiants la simple expression
d’une situation. « Hagrouni ». persiste –t-il et signe … Un mot dur, un mot fort ; une alarme, un SOS.
Dans ces zones séismiques, le terme dépasse de loin, ce phénomène naturel que connaissent assez bien les gens de cette belle et riche région, Orléansville,
El-Asnam, Cheliff, une mixture que seuls savent l’apprécier ses jeunes gens dont la méprise pousse vers l’inévitable.. Il ne peut
signifier autre chose que la conjugaison de toutes les catastrophes naturelles à leur plus haut niveau Pauvre de nous… que les martyrs reviennent et éclairent nos pas …
Etendue dans des lambeaux de chiffons, son père assurait l’infirmerie, lui administrant sur des plaies béantes et purulentes, des bandes à gaz et autres médicaments. Des bandes
à gaz couteux, indispensables et indisponibles.
« Hagrouni » comme une redondance… « Hagrouni ». Il a été abandonné à son sort. Dans son gite de fortune qui a été à la base de ce drame. « Hagrouni, Hagrouni,
Hagrouni… » Oh mon dieu que c’est dur et affligent d’entendre ces mots de la bouche d’un jeune aux abords de la mort. M. le Maire de Chleff et ces condisciples responsables et ces élus et
ces notables, n’ont même pas daigné se déplacer pour secourir cette famille. Une famille comme tant d’autres, aux besoins limités et capacités inexistantes….
« Je n’ai rien, je n’ai rien, ni piston, ni connaissance, ni notables, je n’ai rien »
Les mots s’entrechoquent aux rythmes de larmes chaudes qui dégoulinent pour être éponger par la couverture de matière synthétique, laissant une empreinte d’une eau salée
abondamment sirotée…
Oh mon dieu, mon père serait- il mort pour que l’Algérie produit des scènes aussi effrayantes ou l’humanisme a déserté les lieux, laissant place aux agissements irresponsables
d’une clique qui se complait dans les fêtes d’inauguration et de Zerda, comme dans une fiction. La réalité dans ce contexte a dépassé la fiction. Le million et demi de chahids
n’ont jamais pensé que mon pays connaitra ces désarrois de jeunes gens à la fleur de l’âge, se subordonner et ses soumettre aux règles antinomiques du
suicide coupant court à un horizon de rêves.
Monsieur le président, acceptez vous ces scènes,
ces situations d’une population à la merci de pseudos élus et irresponsables. Qu’attendez vous pour dissoudre cette APN, ces APC, ces APW et je ne sais quoi d’autres. Le peuple
vous respecte énormément, rendez lui la pareille. Afin que Mohamed ne prononcera plus jamais ce mot angoissant et méprisable de "Hagrouni"
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